Logo
Close

JANVIER

Le safari lunaire de Air

Après une poignée d’excitants maxis encensés au Royaume-Uni, Air (pour Amour Imagination Rêve) se lance avec son premier album Moon Safari. Portée la vague French Touch, la musique de Air, plus calme et volontiers planante, rencontre un succès commercial international immédiat, Air devenant “Air French Band” pour mieux spécifier son origine. Et avec les singles “Sexy Boy” et “Kelly Watch The Stars”, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin entament un parcours sans-faute qui se poursuit encore aujourd’hui.

FÉVRIER

Laurent Garnier remporte la victoire de la musique

Conscientes de la vivacité de la scène électronique française, les Victoires de la Musique inaugurent une nouvelle catégorie, le prix de l’album dance de l’année. En concurrence pour cette toute première remise, Charles Schillings, Étienne de Crécy, Los del Sol, Spicy Box et Laurent Garnier, qui remporte le 20 février le trophée pour son album 30. Sous les yeux médusés d’une partie du public, il se lance dans le premier live de sa carrière avec une version en trio + orchestre (accompagné par le batteur Daniel Bechet et la violoniste Karine Laborde) de son classique “Acid Eiffel”.

AVRIL

Métropole Techno à Bercy

Signe des temps, c’est avec le concours de Métropole Télévision (M6) que la structure de production Futuria organise la première “rave” grand public au Palais Omnisports de Paris Bercy. Diffusée sur M6, promue par une compilation à grand renfort de publicité, cette expérience unique réunit sur deux scènes une belle sélection de la scène française comme Manu Le Malin, Jef K, Charles Schillings, Jérôme Pacman ou Phunky Data associés à quelques futurs poids lourds internationaux (Carl Cox, Westbam, CJ Bolland, Josh Wink, Moby ou Sven Väth).

 

JUILLET

Stardust, le tube

La deuxième fierté française de l’été 98. Après la victoire de l’équipe de France en Coupe du Monde de football, le “Music Sounds Better With You” de Stardust (alias Thomas Bangalter, Alan Braxe et Benjamain Diamond). Enregistré en une semaine en décembre 1997 et sorti dans la foulée sur Roulé, le label de Thomas Bangalter, le titre connaît un succès phénoménal à la Miami Winter Conference au printemps. Tout le monde le joue, tout le monde le veut. Si bien que des versions piratées ne tardent pas à faire leur apparition et s’écoulent à des milliers d’exemplaires. Virgin signe alors le titre en licence et le sort le 20 juillet 1998 à plus grande échelle. “Music Sounds Better With You” reste au sommet des charts anglo-saxons pendant des semaines et finit par se vendre à deux millions d’exemplaires. Peut-être le plus grand tube de la French Touch.

Bob Sinclar, le magnifique

SEPTEMBRE

Personnage fictif imaginé par Chris The French Kiss, alors boss de Yellow Productions, et calqué sur le héros du film Le Magnifique, Bob Sinclar est la star de la rentrée house en 1998 avec son album Paradise. Accessible, abouti et terriblement groovy, ce premier album concept bénéficie d’une conclusion produite par Thomas Bangalter : “Gym Tonic”, construite sur un sample d’un cours de gym-tonic de Jane Fonda. Chris The French Kiss va vite cesser de se cacher derrière le personnage pour devenir Bob Sinclar et, accessoirement, l’un des DJs/producteurs les populaires du monde.

Laurent Garnier à L’Olympia

Trois jours avant la Techno Parade, la techno entre à l’Olympia. Impensable il y a encore quelques mois, un live électronique dans le temple de la chanson française, celui d’Yves Montand et d’Edith Piaf, couronne une grande année pour Laurent Garnier, qui va faire SON Olympia, dont il a déjà foulé la scène de la salle mythique lors de la remise de sa Victoire de la Musique. Prenant le contre-pied de l’imagerie rave, où règnent les projections et les visuels, et du live techno classique (où les artistes sont souvent planqués derrière des machines), il s’entoure de danseurs (comme ceux de la Compagnie des Nuits Blanches), de choristes et de musiciens (dont le fidèle Daniel Bechet à la batterie), pour plus de 100 minutes de show tendu où il déroule ses deux premiers albums tout en s’attachant à explorer de nouveaux territoires sonores. Et finit par transformer l’Olympia en une fournaise dancefloor. Une prestation magique et inoubliable.

Première édition de la Techno Parade

Le 19 septembre 1998 reste dans les mémoires des activistes du mouvement comme le jour de l’acceptation de la musique électronique. Le samedi après-midi, 30 chars s’élancent de la place Denfert-Rochereau pour 5,7 kilomètres de parcours. Calqué sur le modèle de la Love Parade berlinoise, la Techno Parade parisienne réunit plus de 200 000 personnes dans la rue sous un soleil de plomb, et plus de 1 300 000 personnes sont rivées devant leur télévision pour assister aux différents rendez-vous sur M6 le long de la journée (600 000 téléspectateurs regardent même le show d’arrivée Place de la Nation à 00h30). Point d’orgue d’une année qui a vu les médias, l’opinion et les pouvoirs publics changer petit à petit d’attitude envers la musique électronique (une nouvelle circulaire va bientôt voir le jour, annulant les précédentes, plus répressives), la Techno Parade est le symbole, en partie grâce au

lobbying intense de l’ancien ministre de la Culture Jack Lang, de la normalisation de la scène électronique et surtout de l’intérêt grandissant du public. Bouffée d’air frais après des années de plomb, cette première édition perdra de son aspect revendicatif dès sa deuxième édition pour devenir le rendez-vous annuel en plein air des amateurs de musique électronique. Ce qui n’est pas si mal.