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mars

Ed Bangerland : passeport pour la fête

Pour son dixième anniversaire, le label parisien Ed Banger a mis les petits plats dans les grands, investissant le 1er mars les 9000 m2 de la Grande Halle de la Villette à Paris, et la transformant en une fête foraine géante. Une fête démesurée sur la scène de laquelle se succèdent Breakbot, Sebastian, Brodinki, Boston Bun, Justice et le maître de cérémonie Pedro Winter, dont le set est idéalement servi par la mise en scène signée de l’agence Superbien, qui a fabriqué un Busy P gonflable géant sur lequel sont projetées des vidéos. Une nuit d’anthologie.

Kavinsky appuie sur l’accélérateur

Porté par le succès de son titre “Nightcall”, sorti en 2010 et utilisé en 2011 comme thème principal du film Drive réalisé par Nicolas Winding Refn, le Français Kavinsky publie son premier album huit ans après ses débuts sur le label Record Makers. Si Drive a servi d’accélérateur à sa carrière, on retrouve sur OutRun son obsession pour les voitures, si possible rouges et rapides, et son amour pour les bandes originales de films, qu’il rehausse d’une électro-house riche en synthétiseurs, comme un John Carpenter sous stéroïdes.

avril

Le piano vire électro

Longtemps, les producteurs de la scène techno américaine ont souffert de ne pas être reconnus comme des musiciens à part entière, exorcisant leur complexe par des collaborations avec des orchestres symphoniques (Jeff Mills et l’album live Blue Potential, enregistré avec l’orchestre philharmonique de Montpellier) ou des expérimentations jazz (Carl Craig et son album jazz-abstrait Programmed, produit sous l’alias Innerzone Orchestra).

En France, trois musiciens de formation classique, le batteur Aymeric Westrich et les pianistes Francesco Tristano et Rami Khalifé (fils du grand guitariste libanais Marcel Khalifé), empruntent avec malice le chemin inverse, prouvant qu’avec deux pianos, une batterie et quelques machines, les deux univers sont faits pour se rencontrer. Ultime album en trio (Tristano préférant rapidement voguer en solo), Istiklaliya, ainsi que l’excellent single “Kyrie”, est aussi le dernier pour le label InFiné, que le duo Westrich/Khalifé quitte pour le prestigieux label Decca, à qui il livrera Turbulences, un ombrageux troisième album.

mai

La stratégie Daft Punk

Fin février 2013, la page Facebook des Daft Punk connaît subitement une légère modification : la photo de profil change et le groupe annonce sa signature sur Columbia. Début mars, une courte publicité apparaît dans l’émission Saturday Night Live. Fin mars, une page de précommande pour un nouvel album est ouverte. Mi-avril, 90 secondes de “Get Lucky” sont projetées au festival californien Coachella. En six semaines d’une communication éclair et parfaitement ciblée, le duo casqué crée une attente telle que Columbia est obligée de diffuser ce quatrième album Random Access Memories quatre jours avant sa sortie officielle prévue le 17 mai. Signe que Daft Punk est devenu le groupe français le plus important du monde, loin de la chambre de Thomas Bangalter où les deux compères ont enregistré Homework.

Bénéficiant d’un accueil critique très favorable, l’album se classe numéro un dans presque tous les pays et RAM est le disque le plus vendu dans le monde la semaine de sa sortie. Premier single, “Get Lucky” est le tube absolu de l’année. Abandonnant les machines qui ont fait leur succès, les Daft Punk ont embarqué sur ce titre funky en diable Nile Rogers, le bassiste de Chic, et Pharrell Williams aux vocaux, dans un hommage à peine voilé aux années 70. Tout Random Access Memories n’est ainsi que groove, le travail de production dépassant le cadre du travail en duo pour une collaboration avec de “vrais” musiciens (batteurs, guitaristes, cuivres) et chanteurs (Panda Bear, Julian Casablancas de The Strokes, Pharrell par trois fois, le parrain du disco européen Giorgio Moroder). Vendu à 3,7 millions d’exemplaires en un an, l’album est couronné le 26 janvier par cinq Grammy Awards, dont celui d’enregistrement de l’année (“Get Lucky”), d’album de l’année et de meilleur album dance de l’année. Carton plein.

novembre

Gesaffelstein, l’homme en noir

Après cinq années à publier d’efficaces maxis techno sur Turbo (le label montréalais du producteur et DJ Tiga), Zone (cofondé par son ami grenoblois The Hacker) ou Bromance (lancé par Brodinski), le Lyonnais Gesaffelstein passe la vitesse supérieure en signant sur Parlophone avec son premier album Aleph, épopée entre électronica noire et mélancolique et techno oppressante. Un album aux inspirations multiples, entre l’italo-disco, l’EBM belge et l’électro-techno nord-américaine, qui colle parfaitement à l’image renvoyée par Gesaffelstein, qui met un point d’honneur à toujours se produire en costume sombre. Question de respect pour son public.